Archive pour la Catégorie 'Femmes'

Remise des insignes de Commandeur de l’Ordre du Mérite agricole à Fabienne Thibeault

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Dicours de remise des insignes de Commandeur de l’Ordre du Mérite agricole à Fabienne Thibeault

 
Chère Fabienne,
Je suis très heureuse de vous accueillir ici, sur le site de Convention, au milieu de ceux qui vous sont chers, pour cette remise de décoration de Commandeur dans l’ordre du Mérite agricole.
Française d’Amérique du Nord, je vous connaissais bien avant votre succès en Europe. Voisine du même espace géographique francophone, je vous écoutais depuis Saint-Pierre-et-Miquelon, et j’ai plaisir à nous savoir réunies aujourd’hui.
Fabienne Thibeault, vous êtes une chanteuse engagée. Et, pour paraphraser Joséphine, vous avez deux amours ; la chanson et l’agriculture. Mais c’est à votre engagement « agricole » que nous allons nous intéresser aujourd’hui.
Je ne reviendrai donc pas sur votre carrière de chanteuse que nous avons découverte en Europe au moment de la création de Starmania
où vous incarniez « Marie-Jeanne », la serveuse automate.
Permettez-moi toutefois, en ma qualité de Secrétaire d’Etat chargée de la Francophonie, de vous dire combien je me réjouis chaque fois que perdurent dans l’espace francophone, au sein des nouvelles générations, des chansons qui ont marqué l’histoire de la musique. Sachez, chère Fabienne, que ce classique de la chanson populaire « Un garçon pas comme les autres » est toujours très en vogue. On me dit même qu’en Haïti, il a récemment connu une deuxième fortune sur les réseaux sociaux. On vous en dira plus après…
Mais revenons « à nos moutons », si vous le voulez bien.
Depuis de longues années, vous vous intéressez « à cette France agricole et ses terroirs uniques au monde » en mettant votre notoriété et votre créativité au service des filières agricoles qualitatives, de la valorisation et la sauvegarde de races agricoles et, le tout, dans une perspective de durabilité. Vous êtes de tous les combats pour défendre la vache vosgienne, les vins de Givry, le cheval percheron ou le cochon cul noir du Limousin… Je ne les citerai pas tous ici !
Vous vous décrivez comme « Fabienne Thibeault, l’agriculturelle ». « L’enfance est le négatif de l’existence », disait André Gide. Très proche de vos grands parents cultivateurs, vous avez été baignée très jeune par les valeurs de travail et d’attachement à la terre, à cette terre charlevoisienne, majestueuse mais exigeante dans ce Québec au climat rigoureux.
Descendante de Normands et de Charentais, la mémoire du pays d’origine reste une valeur inscrite dans l’ADN de votre famille.
Vous avez donc eu à cœur de développer toute une série de supports pédagogiques et de spectacles afin de faire connaitre nos terroirs, leur histoire et leurs enjeux pour l’avenir. Vous avez écrit une comédie musicale intitulée « Notre terre », dans lequel vous mettez en avant nos terroirs et leurs produits. Votre mariage a d’ailleurs été l’occasion de mettre l’accent sur ces produits et a réservé une place d’honneur aux saveurs du Périgord.
En 2007, vous prenez en main le dossier de la race bovine canadienne afin d’en permettre la réintroduction dans le territoire de Charlevoix. Ce bovin, inscrit au livre des races françaises, avait quitté la France au XVIIème siècle pour la Nouvelle France.
Grâce à votre acharnement, vous avez réussi, avec l’aide de différents partenaires français, à doter le plan génétique de moyens ; le Québec, a d’ailleurs depuis rejoint ce plan.
Avec Claudy Lebreton, vous avez organisé un pôle de races bretonnes (dont la Froment du Léon) ainsi que la visite d’une délégation du Québec aux Terralies de 2012 à Saint Brieuc, ce qui a permis d’ancrer la légitimité de ce projet et d’en élargir le périmètre d’action.
 
Chère Fabienne,
Une chose saute aux yeux lorsqu’on se penche sur votre parcours de vie : vous avez une foi chevillée au corps, celle en la francophonie dans toutes ses dimensions.
Que ce soit en votre qualité de chanteuse, car vous restez une icône de la francophonie culturelle ; ou que ce soit en votre qualité d’Ambassadrice avant l’heure de la francophonie économique, qui s’est exprimée dans votre passion de longue date pour le terroir français et ses nombreux produits, il est tout à fait légitime que vous soyez aujourd’hui mise à l’honneur, ici, au Secrétariat d’Etat à la francophonie.
Car la francophonie peut être bien plus concrète qu’elle ne l’a été.
Il y a comme on dit un ‘frémissement’ depuis quelques temps autour de cette notion de francophonie économique. Certains comme vous l’avaient avant l’heure en leur cœur de cible. Aujourd’hui, les horizons se précisent, le concept s’affine. Il y a eu le rapport de Jacques Attali en 2014 sur « La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable ». Nous avons eu deux grands rendez-vous sur ce sujet, un premier Forum à la marge du Sommet de Dakar en 2014, et un second cette année, ici même en octobre dernier. La nature transversale de la Francophonie économique y a été bien illustrée par la diversité des thèmes traités: entreprenariat, éducation, agriculture, médias, culture, climat, ville durable.
Face aux défis de notre temps, face aux crises trop nombreuses, politiques, économiques, migratoires, face à la violence qui se déchaîne et qui n’a pas épargné l’espace francophone, réinvestir ce dernier avec des idées neuves en se tournant prioritairement vers la jeunesse en attente de solutions, voilà l’ambition que nous nous devons d’avoir en partage. C’est toute l’idée de la ‘francophonie économique’ : celle de développer tout un écosystème capable de répondre de manière pragmatique aux attentes de notre jeunesse, au Nord comme au Sud.
C’est un vaste chantier, ambitieux, adapté à la jeunesse francophone des cinq continents, aux entrepreneurs innovants ; mais il est prometteur, surtout si comme vous, Chère Fabienne, on y croit !
Il met en avant les atouts que nous avons en partage : cette langue que nous aimons tant, que vous avez si bien servie ; des valeurs, avec au premier chef ce ‘culte’ pour l’humain, pour son travail qu’il nous faut respecter quand il est synonyme d’excellence. La Francophonie économique se développera naturellement si elle est ressentie comme un atout pour ceux qui la vivent. Le dynamisme est au rendez-vous : je le constate à chacun de mes déplacements dans l’espace francophone. Notre jeune génération est connectée, elle fourmille d’idées et de projets, comme nous avons pu le constater à travers ceux des lauréats du concours « La France s’engage au Sud ».
Chère Fabienne,
C’est pour ce beau parcours de défense des terroirs et des races qui sont l’emblème et la richesse de l’agriculture française, que la République vous a élevé au grade de commandeur du Mérite agricole le 21 juillet 2014. C’est pour ce parcours francophone si riche et diversifié que j’ai accepté de vous remettre aujourd’hui vos insignes.
« Fabienne THIBEAULT, au nom du Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, nous vous faisons COMMANDEUR du Mérite agricole »

Engagée pour les «femmes d’avenir»

Annick Girardin, a ouvert la cérémonie de lancement du nouveau programme « Femmes d’avenir en Méditerranée » à Sciences Po Paris le 1er juin en compagnie de Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, et d’Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Le ministère des Affaires étrangères et du Développement international soutient cette formation, qui s’adresse aux jeunes femmes de la rive sud de la Méditerranée engagées dans la promotion de l’égalité femmes-hommes.

Depuis 2013, la politique extérieure de la France est dotée d’une stratégie «  genre et développement » pour mieux prendre en compte l’égalité hommes-femmes dans les programmes de développement. La première loi sur le développement et la solidarité internationale, adoptée en juillet 2014, a fait de cette thématique une priorité transversale de l’aide française. A l’initiative notamment de la France, le Conseil de l’Union européenne a rappelé le 26 mai 2015 la nécessité de placer la promotion des femmes au cœur de l’agenda du développement durable

C’est sur ce dernier point qu’Annick Girardin a insisté lors de son discours :

Madame la secrétaire d’État,
Madame la Députée et Marraine de la promotion,
Madame la secrétaire générale de Sciences-Po,
Monsieur le Directeur international de Sciences-Po,
Mesdames et messieurs,
Chères femmes d’avenir,
Je me réjouis d’être aujourd’hui parmi vous pour accueillir la première promotion de « Femmes d’avenir en Méditerranée ».
 
Je tiens tout d’abord à remercier l’ensemble de nos partenaires qui ont rendu cette formation possible,  en particulier l’Institut d’études politiques de Paris, qui nous accueille aujourd’hui, et qui est le maître d’œuvre de ce programme sur mesure, que le ministère des affaires étrangères est fier de financer.
 
Je tiens bien sûr à féliciter chaleureusement les 22 jeunes femmes, de 9 nationalités différentes, venues des pourtours de la Méditerranée.
 
Vous êtes en effet marocaines, algériennes, tunisiennes, égyptiennes, turque, libanaises, palestinienne, jordanienne et syrienne. Certaines d’entre vous viennent de pays terriblement affectés, qui ont tant besoin de l’espoir que vous représentez.
 
Vous avez été sélectionnées parmi plus de 800 candidates pour la qualité et la richesse de vos parcours. Vous venez d’univers aussi varié que celui de l’entreprise, du journalisme, de l’université, de la recherche ou des ONG.
 
Mais ce qui vous rassemble toutes aujourd’hui, c’est votre engagement personnel, au sein de vos sociétés, en faveur de la défense des droits des femmes et la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, à titre personnel et collectif.
 
Votre présence aujourd’hui parmi nous, ici à l’Institut d’études politiques de Paris, consacre cet engagement fort. Je vous en félicite encore une fois.
 
Je souhaite d’abord souligner toute l’importance que la France attache à l’espace méditerranéen, que nous partageons.
 
Je l’ai vécu et ressenti lors de mes déplacements récents au Liban ou en Tunisie. Parce que nous avons une histoire commune, source de tant de liens culturels, économiques et humains, nos destins sont profondément liés. C’est donc ensemble que nous devons bâtir un avenir durable, solidaire et équitable.
 
Cet avenir doit faire toute sa place aux femmes. C’est une question essentielle, au cœur de mon action de secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie. Elle est essentielle par souci de justice et d’équité : nous sommes au XXIème siècle et il est temps que les femmes, partout sur cette planète, accèdent dans les faits à l’égalité que le XXème siècle leur a reconnue dans le droit.
 
Elle est essentielle aussi parce qu’une société qui ne donne pas aux femmes toute leur place dans l’espace économique, social et politique, se prive de la moitié de ses talents et bride dramatiquement son potentiel de développement. C’est aussi simple que cela.
 
Les sociétés d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, c’est-à-dire la rive sud de la Méditerranée, connaissent des transformations profondes, rapides, complexes.
 
Parfois pour le meilleur – je pense à la naissance de la démocratie tunisienne – et parfois pour le pire – je pense naturellement à la tragédie syrienne. Parfois bruyantes, parfois silencieuses. Parfois radicales et décisives, parfois au contraire, fragiles et réversibles. Le pire serait de tomber dans le piège de la caricature, qui conduit à celui de l’indifférence.
 
Toutes ces évolutions, en tous cas, montrent l’immensité des défis auxquels nous sommes confrontés. Les femmes ne demandent qu’à s’engager, et les printemps arabes ont montré qu’elles jouaient un rôle déterminant.
 
Elles doivent, dans les transitions à l’œuvre, prendre toute la place qui leur revient, mettre tout leur talent au profit des économies, des sociétés, des cultures en pleine évolution. Elles représentent 60% des lauréates d’universités ; en comparaison, elles sont à peine 25% à avoir une activité professionnelle…
 
Malgré les avancées des dernières décennies, elles ont toujours moins accès à la formation professionnelle et à l’emploi. Surreprésentées dans le secteur informel de l’économie, elles exercent souvent des emplois précaires et mal rémunérés.
 
Se priver de tant de talents, de créativité, et de savoir-faire, c’est perdre un temps précieux dans la quête d’un avenir meilleur. Le défi de l’égalité entre les femmes et les hommes doit être relevé.
 
La France y apporte sa contribution. Le Ministère des Affaires étrangères s’est dotée en juillet 2013 d’une stratégie « genre et développement », qui vise à prendre en compte l’égalité hommes-femmes dans nos projets et programmes de développement. La première loi française sur le développement et la solidarité internationale, adoptée en juillet 2014, a fait de cette thématique une priorité transversale de notre aide.
 
Elle fait du plaidoyer politique au niveau de notre dialogue bilatéral avec les pays, comme dans les enceintes internationales, une même arme au service du développement et de notre vision de l’avenir des sociétés.
 
Nous défendons cette vision avec détermination, dans toutes les enceintes internationales.
 
Mardi dernier, j’étais à Bruxelles avec mes collègues européens. Nous avons demandé à la Commission de nous présenter rapidement un plan d’action pour la promotion des femmes. Nous mettrons cette question au cœur des objectifs du développement durable qui seront adoptés par les Nations Unies en septembre.
 
Parallèlement, j’ai souhaité porter un plan ambitieux pour les jeunesses du sud. Les jeunes sont l’avenir de nos sociétés, ce sont les citoyens, les parents, les entrepreneurs, les politiques de demain.
 
Investir en faveur des jeunes est une priorité. C’est un levier majeur pour promouvoir un développement durable et des sociétés stables, équitables et inclusives.
 
La France s’est engagée à mobiliser l’ensemble de ses partenaires pour la jeunesse, renforcer le dialogue politique sur le défi démographique et l’action en faveur des droits des femmes, soutenir le développement des compétences et des talents des jeunes.
Mais aussi contribuer à une meilleure santé, renforcer les actions en faveur de l’employabilité et promouvoir le volontariat et la mobilité.
 
La France soutient ainsi des projets d’autonomisation économique, politique et sociale des femmes, en particulier des femmes d’avenir… Nous vous accompagnons avec beaucoup de plaisir et d’intérêt, vous, les femmes d’avenir, originaires de cette région Méditerranée, qui portez les espoirs de tant de femmes et d’hommes de vos pays respectifs.
 
En tant que jeunes femmes, vous êtes les actrices des changements et des évolutions de vos sociétés respectives. Votre contribution aux transitions politiques, sociales et économiques est décisive, pour vous mais aussi pour nous, tant nos sociétés sont devenues aujourd’hui interdépendantes.
 
Notre avenir commun repose également sur la lutte contre le dérèglement climatique. En cette année décisive de la conférence Paris climat, comment ne pas insister sur ce point. Les femmes peuvent jouer un rôle central dans cette lutte.
 
D’abord parce qu’elles sont les premières victimes du dérèglement climatique.
Ce sont elles qui souffrent en premier de la raréfaction des ressources en eau ou pâtissent de l’utilisation du charbon de bois aux émanations toxiques.
 
Mais les femmes, bien sûr, font partie intégrante de la solution. J’ai pu le constater à maintes reprises sur le terrain. Elles trouvent le moyen de s’adapter et inventent des méthodes originales, des solutions pratiques. Je pense par exemple à ces associations de femmes qui, au Burkina Faso, fabriquent des foyers améliorés pour limiter la consommation de bois et protéger, en même temps, leur santé et celle de leurs enfants. Il y a tant d’exemples de cette créativité au féminin…
 
Les femmes portent le changement, il faut capitaliser sur cette force créative.
 
Je souhaite que votre promotion soit l’amorce d’un large réseau de femmes d’avenir en Méditerranée : pour porter la voix de la tolérance, de la paix et de la stabilité, pour être des vecteurs de changement dans les sociétés que vous représentez et pour créer des ponts entre vos pays et entre les deux rives de la Méditerranée.
 
Je vous souhaite à toutes un très bon séjour parmi nous et de fructueux échanges tout au long de ces 2 semaines.

Colloque « 1975-2015 : c’est encore loin l’égalité ? »

A la veille de l’adoption des Objectifs du développement durable (ODD) par les Nations unies, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et le réseau international francophone Genre en Action organisent ont réuni un colloque international pour dresser le bilan des conventions internationales en faveur des droits des femmes depuis 40 ans et de dessiner de nouvelles perspectives d’action pour l’égalité femmes-hommes dans le cadre de l’agenda du développement post-2015 avec Lakshmi Puri, Sous-Secrétaire générale des Nations unies et Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes.

Moins de deux semaines après sa rencontre avec le Prix Nobel birman Aung San Suu Kyi, Annick Girardin a pu échanger avec l’activiste turco-yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel 2011 pour son engagement en faveur des droits des femmes et de la liberté de la presse.

La secrétaire d’État a rappelé l’action et l’ambition de la France pour faire progresser l’égalité réelle entre les sexes dans le discours suivant.

 

Madame la Sous-Secrétaire générale des Nations unies et Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes,

Madame Karman, Prix Nobel de la paix 2011,

Mesdames les députées et sénatrices, Mesdames et Messieurs les représentants d’organisations internationales et de la Société civile,

Chers participants,

Je me réjouis de vous accueillir à Paris aujourd’hui à l’occasion de ce colloque international sur l’égalité femmes-hommes, organisé conjointement par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et le réseau international francophone « Genre en Action ». Je saisis cette occasion pour remercier toutes les personnes ayant contribué à cet effort commun : la tenue de ce colloque est pour mon ministère un événement important.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour effectuer un bilan, celui de 4 décennies d’engagement et de mobilisation en faveur de l’égalité femmes-hommes, depuis la première conférence mondiale des droits des femmes en 1975.

40 années de plans d’actions, de politiques nationales et internationales, pour espérer en finir avec les inégalités économiques, politiques et culturelles, vaincre les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, défendre le droit des femmes à disposer de leur corps et s’attaquer aux causes structurelles des discriminations à l’égard des femmes.

D’importants progrès ont été réalisés : pour l’éducation primaires des filles, l’accès des femmes aux ressources et opportunités économiques, leur participation à la vie économique, sociale et aussi politique.

Pourtant, aujourd’hui, à la veille du 20ème anniversaire de la plateforme de Pékin, que de chemin encore à parcourir : les jeunes filles ont toujours moins accès à l’éducation que les garçons : 65 millions d’entre elles ne sont pas scolarisées. Les violences de genre en milieu scolaire en sont l’une des raisons et la France, particulièrement mobilisée sur ce sujet, portera en avril 2015 une résolution sur cette question auprès de l’Unesco.

Les femmes ont également moins accès que les hommes à la formation professionnelle et à l’emploi. Elles sont surreprésentées dans le secteur informel de l’économie, et exercent plus que les hommes des emplois précaires et faiblement rémunérés.

 

Mesdames et Messieurs,

Les politiques, militants, experts et chercheurs que vous êtes le savent, 80% des victimes de la traite des êtres humains sont des femmes. Au niveau mondial, une femme sur trois est victime, au cours de sa vie, de violences physiques et sexuelles. Ces chiffres sont intolérables.

20 ans après la conférence de Pékin, de nombreux pays maintiennent toujours des lois discriminatoires, empêchant les femmes d’ouvrir un compte bancaire, de conduire une voiture ou d’hériter à part égale, quand elles ne sont pas tout simplement écartées de leur droit successoral.

Au rythme actuel des avancées, il faudrait encore 70 ans aux femmes pour bénéficier des mêmes opportunités que les hommes et 150 ans pour éliminer toutes les discriminations.

Ceci est inacceptable.

Nous devons donc rester mobilisés et proactifs. L’histoire nous montre que dans le domaine de l’égalité entre les femmes et les hommes, il n’y a jamais d’acquis. Dans les contextes de crise politique, de catastrophe naturelle ou d’épidémie, les femmes paient, la plupart du temps, le plus lourd tribut.

J’ai pu constater en Guinée combien le virus Ebola a un impact spécifique sur les femmes : près des deux tiers des victimes infectées ou décédées sont des femmes. Au Liberia, elles sont plus de 75%. Les femmes, du fait de leur rôle dans la société, notamment vis-à-vis des malades, sont plus exposées que les hommes.

 

Mesdames et Messieurs,

Il est grand temps d’accélérer la dynamique.

Les défis que nous devons collectivement relever sont considérables. Notre engagement se doit d’être à la mesure de ces défis. Toutes les énergies doivent être mobilisées, les expériences partagées pour nous assurer de la pleine inclusion de l’égalité femmes-hommes dans les politiques de développement et dans l’agenda post-2015.

La France, consciente de la nécessité d’accélérer les processus qui tendent vers l’égalité réelle, s’est engagée au plan national et international, à appuyer les politiques d’égalité femmes-hommes, leviers du développement.

Le 7 juillet de cette année, la promulgation de la première loi sur la politique de développement de la France, a consacré l’égalité femmes-hommes comme priorité transversale à nos actions.

La loi du 4 août 2014 pour « l’égalité réelle » entre les femmes et les hommes, et aujourd’hui, ce colloque, relève de la volonté de la France de soutenir la recherche et la société civile dans la mobilisation en faveur de l’égalité femmes-hommes.

Cette année, la résolution sur les violences envers les femmes présentée par la France, avec les Pays-Bas, à l’Assemblée générale des Nations unies, était centrée sur la lutte contre l’impunité. Elle concerne aussi pour la première fois les jeunes filles, en mentionnant clairement l’accès à la contraception d’urgence pour les victimes de violences sexuelles.

J’étais fin novembre au Sommet de la Francophonie à Dakar : dans leur déclaration finale, les chefs d’Etat et de gouvernement ont rappelé le rôle majeur des femmes, actrices du développement.

Il y a près de deux semaines, j’ai participé, en Birmanie, au deuxième forum international des femmes, avec Aung San Suu Kyi : la voix des femmes s’est élevée, rompant avec le statut de victime, pour montrer qu’elles sont actrices à part entière du changement.

 

L’année 2015 est une année cruciale.

Un nouvel agenda pour le développement durable sera adopté. Un objectif spécifique dédié à l’égalité femmes-hommes devrait y figurer.

2015 sera l’année européenne du développement. La Présidence lettone du premier semestre souhaite que l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes au sein de l’Union et au-delà de ses frontières figurent également à son agenda.

Nous fêterons aussi le 20ème anniversaire de la Conférence de Pékin et Paris accueillera la Conférence climat.

Ces événements seront autant d’occasions de noter les progrès accomplis. Mais aussi de prendre la mesure du chemin qui reste à parcourir. C’est l’objet même de ce colloque.

Le colloque d’aujourd’hui réunit des femmes et des hommes experts et engagés sur l’égalité femmes-hommes.

Vos débats et vos échanges permettront de nourrir notre réflexion et de faire avancer les droits des femmes.

La route est longue, un certain chemin a déjà été parcouru, grâce aux énergies conjuguées de celles et ceux, à tous les niveaux, qui ont porté ce combat, parfois au prix de leur propre vie. Ce petit bout de chemin, toutes ces petites victoires, nous donnent des raisons d’espérer, de persévérer, de poursuivre. Pour que plus jamais, nulle part, on ne soit discriminé en raison de qui on est.

Intervention au 22e Gala de l’espoir

La ligue contre le Cancer

 

Madame la présidente du gala de l’espoir,

Madame la présidente de la Ligue contre le cancer,

Monsieur le président du comité de Paris de la ligue contre le cancer,

Monsieur le Maire Adjoint,

Mesdames et Messieurs,

 

Ma collègue Marisol Touraine ne peut être parmi nous ce soir, à son grand regret, et il me revient ainsi le plaisir et l’honneur de vous adresser quelques mots, de félicitations, d’encouragement et d’espoir, en son nom et en celui du Gouvernement français.

 

 Au cours de sa vie, chaque Français peut se retrouver, directement ou indirectement, confronté au cancer.

Le cancer reste en effet la 2ème cause de décès chez la femme et la 1ère chez l’homme. Il est considéré comme la maladie la plus grave par une large majorité de Français : des milliers de femmes, d’hommes et de familles souffrent du cancer. Et je veux avoir à cet instant une pensée pour eux et particulièrement pour tous ceux de mon territoire d’Outre-Mer, Saint-Pierre-et-Miquelon, qui ont été confronté à cette dure épreuve et qui souvent, c’est la dure réalité des Outre-Mer, doivent s’expatrier durant de longs mois pour se faire soigner.

 

Le Gala de l’Espoir est l’occasion de rappeler que la prévention et le traitement du cancer sont des enjeux majeurs de santé publique.

 

Je tiens à remercier la Ligue contre le cancer qui joue un rôle inestimable dans le combat difficile qu’il faut mener contre cette maladie. Grâce à la générosité du public, à l’engagement de vos militants et à la mobilisation exceptionnelle des professionnels, des chercheurs et des associations, nous avons aujourd’hui des raisons d’espérer. Grâce à cette générosité, la recherche accomplit des progrès remarquables.

 

 

Cette soirée est donc essentielle pour récolter les fonds nécessaires à la poursuite de vos actions. Mais elle est aussi l’occasion de valoriser les nombreuses avancées qui ont été réalisées dans la lutte contre le cancer.

 

C’est sur tous les fronts qu’il faut combattre, comme nous y engage le Plan Cancer 2014-2019 que le Président de la République, François Hollande, a lancé le 4 février dernier. Le cancer n’est jamais une fatalité, d’autant qu’aujourd’hui, de plus en plus, on vieillit avec le cancer. L’ambition du Plan Cancer est aussi d’améliorer la qualité de vie des malades.

 

Comme vous le savez, dans la lutte contre le cancer, rien ne remplace la promotion de la santé et la prévention. C’est pourquoi Marisol Touraine a fait de la prévention le premier axe du projet de loi relatif à la santé.

 

Le programme national de réduction du tabagisme, annoncé le 25 septembre dernier, est un exemple concret de prévention des cancers.

Ce programme cohérent fait de la protection des enfants et des jeunes un objectif prioritaire : que les enfants qui naissent aujourd’hui soient la première génération d’adultes non fumeurs.

 

Je tiens à saluer le soutien marqué de la Ligue contre le cancer dans ce combat. C’est en unissant nos forces que nous pourrons faire reculer significativement le tabagisme. 

 

Le dépistage est également un maillon essentiel de la lutte contre le cancer. L’opération « Octobre rose » permet d’agir concrètement dans la promotion du dépistage du cancer du sein. Cette année, nous faisons progresser le dépistage organisé pour les femmes de 50 à 74 ans et nous mobilisons les acteurs de terrain pour un dépistage adapté aux femmes plus jeunes aux risques plus élevés.

 

A travers le projet de loi relatif à la santé, nous sommes également résolus à lutter contre les inégalités de santé.

 

Enfin, gardons à l’esprit que les avancées scientifiques d’aujourd’hui sont les traitements de demain :

-         c’est la science qui nous permettra de mieux diagnostiquer, de traiter de manière plus efficace et d’améliorer la qualité de la prise en charge.

-         c’est aussi la science qui nous aidera à mieux comprendre les manières de prévenir l’apparition de la maladie. La Ligue contre le cancer y contribue activement.

 

Le Plan Cancer a pour ambition de favoriser l’accès des patients aux molécules innovantes, et à soutenir de nouveaux centres de recherche, s’intéressant notamment aux enfants.

 

La lutte contre le cancer doit nous rassembler. Le Président de la République a rappelé sa détermination et son engagement dans cette cause nationale. Cette soirée est l’occasion de saluer tous les acteurs qui se mobilisent et agissent en ce sens.

 

Mobilisation dans la lutte contre ebola

PHOTO 4 M.Touraine et A.Girardin - BruxellesAnnick Girardin s’est fortement investie dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola, qui a déjà fait plus de 3 000 morts en Afrique de l’Ouest.

Le 4 septembre, la secrétaire d’État a reçu les principaux acteurs mobilisés sur le terrain (MSF, Croix Rouge, Institut Pasteur, etc.) Cette réunion a permis de faire un point sur la situation sanitaire dans les pays affectés ainsi que des conditions d’intervention et d’expliquer les mesures mises en œuvre par la France.

 

Déplacement au Sénégal et en Guinée

Comme déjà relaté dans un précédent billet, Annick Girardin s’est déplacée du 11 au 14 septembre au Sénégal et en Guinée pour réaffirmer le soutien de la France aux pays touchés.

A Dakar, elle s’est, concernant Ebola, rendue à l’Institut Pasteur où elle a visité le centre de diagnostic de référence du virus en Afrique de l’Ouest et a souligné la bonne préparation du système de santé du pays. En Guinée, Annick Girardin a visité, en présence du coordinateur principal des Nations unies, M. David Nabarro,  le centre de traitement Ebola géré par Médecins sans frontières ainsi que les dispositifs de prévention déployés à l’aéroport de Conakry. Elle est également allée à la rencontre de la communauté française et a exhorté les acteurs économiques à maintenir les liens commerciaux : « il faut absolument éviter qu’une crise économique s’ajoute à la crise sanitaire ».

Lors de ce déplacement, la secrétaire d’État a annoncé plusieurs mesures d’intervention française : déblocage de neuf millions d’euros par la France pour créer une antenne de l’Institut Pasteur et un nouveau centre de traitement Ebola ; envoi de plus de deux tonnes de matériels à l’hôpital Donka ; mobilisation de 25 experts français.

Mobilisation de l’Union européenne et de la communauté internationale

Le 15 septembre, Annick Girardin a pris part à une réunion de coordination européenne, qui s’est tenue à Bruxelles à l’initiative de la France (photo). Elle s’était auparavant entretenue au téléphone avec ses principaux homologues européens. Aux côtés de la ministre de la santé, Marisol Touraine, Annick Girardin a informé les partenaires de la situation en Guinée, et a insisté sur la nécessité d’une réponse européenne plus forte et plus déterminée. Les États membres ont convenu d’un mécanisme européen de coordination sanitaire et hospitalier pour les ONG et la Commission européenne s’est engagé à débloquer des financements à hauteur de 150 millions d’euros.

Autre moment fort : New-York du 21 au 28 septembre pour l’Assemblée générale des Nations unies. Bien que cette session ait été principalement dévolue aux questions climatiques en vue de la Conférence Paris Climat 2015 , une réunion internationale s’est tenue sur la crise Ebola. Annick Girardin y a exposé l’engagement de la France (plus de 70 millions d’euros, dont la moitié en aides bilatérales) et a rappelé l’importance, à long terme, d’une couverture sanitaire universelle.

Suivi de la situation

Bien que la réponse internationale se soit considérablement accrue au mois de septembre, notamment sous l’impulsion de la France, la secrétaire d’État et son équipe restent mobilisés au vu de l’évolution de l’épidémie. Ce fut d’ailleurs le motif de son entrevue du 29 septembre avec le Président de la République de Guinée, de passage à Paris.

Le Député signataire d’une lettre au Président de la République : « 13 propositions pour 2013″ en faveur de l’égalité Hommes-Femmes

Le Député signataire d'une lettre au Président de la République :

 

 

L’association « Femmes radicales », issue du PRG, a été créée dans les années 1970 et s’est engagée dans le combat pour l’égalité des hommes et des femmes.

Dans cette esprit, 3 femmes du PRG :

  • Joëlle DUSSEAU – Présidente de Femmes Radicales
  • Françoise LABORDE – Sénatrice de Haute-Garonne
  • Annick GIRARDIN – Député de Saint-Pierre-et-Miquelon

ont saisi par courrier ce vendredi 8 Mars le Président de la République, François HOLLANDE, afin de lui demander une entrevue dans l’objectif de lui présenter 13 propositions en faveur de l’égalité Hommes/Femmes.

 

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